Avec la montée en puissance de la tarification à l’activité, la mise en place de l’EPRD et la récente publication de la loi HPST, les réformes initiées depuis quelques années tentent d’apporter des réponses à la difficile équation budgétaire des hôpitaux.
L’Hôpital pèse sur les comptes publics. Sur le plan macroéconomique, il mobilise 44 % des dépenses de l’Ondam*, ce qui le place de facto au coeur du processus de réforme de l’assurance maladie. Le déficit s’élevait ainsi à 575 millions d’€ pour les hôpitaux publics en 2008.
Dans ce contexte, le retour à l’équilibre financier constitue un objectif majeur pour les établissements de santé. Cette gageure passe par l’amélioration de la gouvernance et le pilotage de l’hôpital, en particulier en termes de gestion comptable et financière.
Introduite en 2004 et inspirée des pratiques anglosaxonnes
(USA, Grande-Bretagne, Australie), la T2A
(Tarification à l’activité) visait à réformer en profondeur
le mode de financement des établissements de
santé. Objectifs : pallier les disparités en adoptant
un système unique, « médicaliser » le financement
des hôpitaux, favoriser une meilleure répartition des
ressources et améliorer la gestion dans une optique
de responsabilisation et d’autonomisation. Autant
dire qu’il s’agit d’un véritable renversement de
leur logique budgétaire. Finie la Dotation globale
qui ajustait les recettes aux dépenses. Désormais,
les dépenses sont conditionnées par les recettes générées par l’activité et calculées selon
une classification complexe comptant pas moins de
2 500 tarifs.
Si les établissements privés fonctionnent déjà avec
la T2A appliquée à 100 % depuis 2005, la mise
en oeuvre est plus progressive pour les hôpitaux
publics (la part de dotation annuelle complémentaire
diminuant un peu plus chaque année pour
disparaître totalement en 2012).
Si la T2A souffre de certains dysfonctionnements, elle introduit de nouvelles pratiques gestionnaires qui pourraient porter leurs fruits. Celles-ci impliquent une nouvelle responsabilisation des acteurs ; une petite révolution managériale en somme. Cette délégation de gestion au niveau des pôles d’activité de chaque établissement passe ainsi par une meilleure connaissance des charges et des produits qui y sont générés.
Corollaire de la T2A, l’instauration de l’EPRD (État des
prévisions des recettes et des dépenses) en 2006, a
mis fin à la pratique des reports de charges consistant
à ne pas comptabiliser des charges au cours d’un
exercice, faute de crédits suffisants. Ces reports
faussaient de fait les comptes des établissements.
Avec l’EPRD, les crédits évaluatifs se substituent
aux crédits limitatifs permettant d’adapter la
gestion aux fluctuations de l’activité.
Ce nouveau système de financement fiabilise non seulement les comptes mais il constitue également une rupture puisqu’il impose une nouvelle démarche prévisionnelle et renforce l’autonomie des établissements de santé.
Même si le ministère de la Santé réaffirme que la loi HPST est un « projet d’organisation sanitaire et non de financement », cette réforme sous-tend de nouvelles méthodes de gestion.
Les nouvelles Communautés hospitalières de territoires (CHT) illustrent la volonté de rationalisation et de mutualisation qui préside à ce projet de réorganisation. En effet, la loi permet aux CHT de « gérer en commun certaines fonctions et activités grâce à des délégations ou transferts de compétences entre les établissements » (art 22).
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